Día 9 - Salsa de primera calidad


Quitter la zona cafetera sans boire du café? Un comble! 
Pas de soucis, la ferme Recuca (située à 20 min d'Armenia) est là pour les touristes désirant en déguster, tout en en apprenant un peu plus sur le parcours d'un grain de café, et les traditions ancestrales autour de cette boisson nationale. 


caféiers et bananiers à perte de vue

Après une tasse de chaqueta (café + sucre de canne en dose non négligeable…), notre guide nous emmène au coeur des plantations. La première chose qu'on découvre, c'est que le café ça pousse comme ça (perso je ne savais pas):

les "cerises" rouges ne demandent qu'à être cueillies

Le grain de café est donc contenu dans une "cerise", et il sera séparé de cette enveloppe ainsi que de la pulpe, avant de subir différents traitements pour aboutir au café moulu qu'on connaît. 

petite pousse de 6 mois deviendra grand caféier…

Après avoir eu la confirmation que la Colombie fait partie des principaux producteurs de café, compris plus ou moins la différence entre Arabica et Robusta, on a aussi appris que le café qu'on peut boire dans le pays n'est pas le meilleur… On nous aurait donc menti?!
Non, c'est juste que la majorité du cafe de primera calidad est réservée à l'exportation, et du coup il reste que de la "mauvaise graine" pour les locaux, sympa…

En tout cas à Recuca, si vous voulez votre tasse de café, il faut la mériter! Equipés de nos paniers, c'est donc parti pour la cueillette, première étape clé pour un bon café. Car une boisson aromatique ne sera obtenue qu'à partir de grains à maturité (cerises rouges): une cueillette si sélective ne peut se faire qu'à la main. 


nos 3 chefs de cueillette

Et on se rend vite compte que c'est pas si évident. A 10 on a à peine récoltés 4,5 kg… Pas si mal pour une première certes, mais quand on sait qu'on va séparer les grains de la cerise et de la pulpe, il va pas en rester beaucoup…

notre maigre récolte

séparation manuelle pour obtenir…

les cerises (vides) d'un côté

les grains de l'autre

Les cerises sont mises à fermenter puis serviront d'engrais (il me semble)… Les grains seront d'abord lavés, pour enlever toute trace de pulpe, puis mis à sécher. Ici au soleil pour le côté artisanal, mais sinon ils peuvent aussi passer au four.


grains en cours de séchage

la fermentation des cerises… ça pique les narines!

Estimant qu'on n'avait pas assez travaillé pour avoir notre café, et histoire de vraiment appréhender la tradition des cueilleurs de café, on s'est déguisés en  chaponneras (filles) et campesinos (mecs) des anciens temps . Si c'était que ça, encore… Mais non, on a aussi appris quelques pas de danse traditionnelle. Mais par souci de crédibilité, aucune vidéo ne sera montrée ici ^^

vive le folklo!

Damien a également eu la joie de prendre part à un duel, digne de ceux opposant deux prétendants au coeur d'une même jeune fille. Et là, comme pour tout ce qui concerne ces messieurs, c'est à celui qui a la plus grosse… voix, bien sûr!
Le duel consiste à se tourner autour, séparés de la distance d'un foulard, tout en sautant - le plus haut - et criant  - le pus fort-  par intermittence. Et notre gringo s'en est très bien sorti!

¡hágale pues papá!

Après ce voyage dans le temps, dernière étape: la dégustation du café, enfin!
Avant nous avons droit à quelques explications sur la torréfaction des grains "verts" (les grains lavés et séchés). C'est à ce moment qu'ils virent au brun (l'aspect du grain de café qu'on connaît tous) et développent tous leurs arômes.

installation de torréfaction artisanale

mon cafe de primera calidad

le café, c'est à toute heure de la journée 

Après un dernier petit tour pour immortaliser notre visite, passage obligé par la boutique souvenir pour acheter quelques paquets de café:



Pour en savoir un peu plus sur Recuca, et pourquoi pas réserver une visite quand vous viendrez en Colombie, c'est par là: http://www.recuca.com/en/home.htm

Maintenant faut qu'on retourne sur Cali, car ce soir c'est salsa time! Mais surtout il faut arriver avant 17h, à cause du fameux pico y placa (voir día 5).
Un peu moins de 200 km, ça devrait aller vite… C'était sans compter sur:
- les péages (c'est fou tout ce qu'on a payé, mais ça doit pas être pour l'entretien des routes, vu leur état…),
- les vendeurs ambulants postés à chaque péage
- les ralentisseurs - je crois qu'on a dû prendre tous ceux du pays là ^^



Après un verre de champús colombiano (boisson bien bien bien consistante, à base de mais et lulo entre autres), et un peu de repos, direction l'hôtel Carlton  de Cali (c'est certainement la seule fois que je mettrais les pieds dans un tel endroit) pour assister à Ensalsate, LE show de danse. Après tout, nous nous trouvons dans la capitale mondiale de la salsa!
Pendant plusieurs heures, diverses compagnies de danses se relaient pour littéralement enflammer la scène sur rythme de salsa (évidemment) et autres musiques du monde, jouées par un orchestre en live. 

Je ne suis pas du tout une fan de danse, je considère même difficilement que c'est un sport à part entière, mais là je dois reconnaître que c'est bluffant ce qu'un être humain peut faire avec ses jambes! 
Si un jour vous décidez de venir jusqu'à Cali, essayez d'y être le 2ème vendredi du mois et réservez votre place (http://ensalsate.co), ça vaut le coup d'oeil :)



Ci-dessous une courte vidéo: concentrez vous sur le jeu de jambes des danseurs…




Parce que les danseurs ont besoin de souffler et de changer de costumes, des entractes nous laissent le temps de déambuler dans les couloirs et prendre la pose. Autant le dire: c'est un autre univers que notre quotidien…

¡viva salsa!

Aguardiente et Rhum, nos compagnons de soirée -
que certains regretteront un peu au réveil….

Avant le dernier acte, des ballons longs (pour faire des "sculptures") ont été distribués à tout va dans la salle. De quoi faire le bonheur des grands enfants que nous avions dans la bande. 




Quelques heures et quelques litres de rhum/aguardiente plus tard, il est temps de rentrer faire dodo. Le réveil dans quelques heures sera certainement difficile pour certains…

Día 8 - Les pieds sur terre, la tête dans les nuages


Si le département du Quindio est un des plus petits du pays, il n'en offre pas moins de jolis coins. A une vingtaine de km d'Armenia,  se trouve la petite ville de Salento, porte d'accès à la Valle de Cocora.

Pas grand chose à y faire, mais un certain charme se dégage des nombreuses façades colorées, surtout dans la Calle Real. Tout comme les nombreux Willys jeeps stationnés autour de la place centrale, n'attendant que d'emmener les touristes vers Cocora.
Avant de nous rendre dans cette vallée, on fait rapidement un tour. Au bout de la colorée Calle Real - où sont regroupées les artesanias (boutiques d'artisanat local) - un "petit" escalier de 250 marches nous permet d'accéder au Alto de la Cruz, histoire de dominer la ville et apercevoir un bout de Cocora. Et aussi histoire de nous mettre en jambe car cet aprem on va marcher, et pas sur du plat…

les Willys jeeps colorés sur la place centrale


Laurent avait du mal à se remettre de sa performance
au Retropolis Bar

la Calle Real et ses artesanias colorées


Salento vu d'en haut

les balançoires pour s'amuser….

… ou se remettre de la montée des escaliers 

Valle de Cocora, qui fait partie du Parque Nacional Natural Los Nevados, est principalement connue pour ses très nombreux palmas de cera (palmiers), qui peuvent atteindre 60m de haut! Ce qui en fait un des arbres les plus hauts du monde: encore de quoi être fier pour la Colombie, dont c'est l'arbre national.

un troupeau croisé sur la route

des palmas de cera à perte de vue

le cliché 100% touriste: Willys + palma de cera

Mais nous on décide d'être des touristes sportifs: donc ni jeep, ni cheval mais rando à pied! Et on va pas le regretter. 
Accompagnés par un guide super sympa - pour le coup je crois qu'il s'appelait vraiment José… - c'est parti pour un peu plus de 3h de marche. On est déjà à plus de 2400m donc il fait pas chaud, mais on va pas tarder à se réchauffer!

et c'est parti!

sous la surveillance des géants

une vieille R12 sur une piste pour 4*4, normal

On ne déambule pas que dans la vallée, mais aussi dans la forêt traversée par quelques cours d'eau. Qui dit eau, dit pont, et là on a eu droit à tout. Du pont que je qualifierai de solide, au pont de singe beaucoup moins stable.
Alors ok, on n'est qu'à 1m du sol, mais quand il manque des planches sur un truc qui balance pas mal, c'est pas forcément rassurant. 
Autant les premiers étaient ok, autant ceux sur le retour un peu moins. Mais pas vraiment le choix: on n'allait pas rester plantés là, ou faire demi-tour et se retaper tout le chemin déjà fait :) 

faciiiiiile le premier

intéressant…

un des derniers ponts traversés, pas super stable

Grâce à sa GoPro, notre reporter de l'extrême Damien Jones vous emmène sur le terrain pour partager avec vous cette aventure de folie ^^


Et comme les ponts ça suffit pas, il a en plus fallu passer à travers des barbelés. Bah oui, on n'avait pas voulu payer pour traverser les terrains privés, donc a dû faire un détour. Et heureusement qu'on avait un guide, sinon on se serait déjà perdus 10 fois dans la forêt!


Ça se voit pas sur les photos mais on grimpe pas mal. Du coup, la moindre pause photo arrive à point pour reprendre notre souffle. 

on n'a marché que 20 minutes là…



vous êtes fatigués?! 

Nous oui, mais pas notre guide qui a l'habitude de faire ce parcours au moins 1 fois/jour, et en 2 fois moins de temps… 

le repos des guerriers

Après 2h de marche, on atteint enfin la finca La Montaña, située à 2860m: quand je vous dis qu'on randonnait pas sur du plat - on vient de se faire un dénivelé de +450m, c'est pas mal. 


On n'est pas récompensés par la vue sur la vallée car c'est très nuageux mais par l'ambiance du lieu: on est au milieu des nuages, et ça c'est vraiment cool.

les pieds sur terre, la tête dans les nuages :)


on l'a fait!

On est venus, on a vu, on a vaincu la montée… maintenant faut redescendre! Et ce sera pas forcément plus facile, mais au moins on sait qu'on va plus grimper!
En plus de nous expliquer pleiiiiin de trucs sur la vallée (que j'ai pas forcément retenus…), José nous a beaucoup pris en photo ce qui était très sympa de sa part. Au moins on a des preuves comme quoi tout le monde a bien participé à la marche, même les 2 Aurore ;)




Après un peu plus de 3h, on retrouve enfin les nombreux palmas! Sur les derniers kilomètres nous séparant de l'arrivée, on a longé une impressionnante ferme d'élevage de truites, activité prépondérante dans le coin avec la production de café. 

c'est bientôt la fin!


Malgré la difficulté (modérée certes) de cette rando, pas de regrets car l'effort en valait vraiment la peine. Notre guide a beaucoup contribué à rendre le tour cool :)

Et parce que l'activité physique ça creuse, qu'on avait dû se contenter que de quelques arepas de choclo (galettes de maïs doux avec du fromage) le midi, le soir on a mangé au Texas Burger. Ok c'est pas typique, mais ça cale! 

Día 7 - ¡Trrrrooooopicanaaaaaa, está de moda niño!


Aujourd'hui c'est l'anniversaire d'Aurore-Pouss, et ça tombe bien car on a décidé de s'amuser en passant la journée au Parque Nacional del Café, un parc d'attractions autour du café.
Après un petit-déj' un peu "élaboré" pour l'occasion - suite à ma demande dans un espagnol plutôt bancal, la gérante m'a comprise et est allée lui acheter exprès un petit bout de tarte décoré avec un mini-ballon, et a imprimé un "happy birthday"- direction le parc.  

¡feliz cumpleaños Pouss!

La route n'est pas très longue depuis Armenia, et heureusement car j'ai cru qu'on allait devenir fous dans la voiture. La seule station radio qu'on pouvait capter était "Tropicana". La musique diffusée est moderne et sympa MAIS ils ont la trèèèèèèèèès mauvaise idée d'intercaler leurs jingles un peu tout le temps. Du genre ça:



Les premières fois ça surprend et on comprend pas vraiment pourquoi ils viennent gâcher les chansons avec ça, mais quand on en entend 1 toutes les 30 secondes, ça devient vite chiant! Sur l'aller-retour on a dû l'entendre une bonne cinquantaine de fois ce jingle! 

Bref, suite à cette séance de lobotomisation gratuite, la première étape consiste à acheter les tickets pour accéder au parc, enfin pour ceux qui payent… Oui, parce que même à 12 ans+ "quelques" années, Pouss a pu entrer gratis! Ils sont cool en Colombie quand même :)

j'ai pas payé mon entrée, nananère! 

la fine équipe prête à arpenter le monde ludique du café

Les colombiens aiment les couleurs, surtout celles de leur drapeau. C'est donc sans surprise que le telesillas qui nous achemine vers le coeur du parc est tout jaune-bleu-rouge. En tout cas c'est sympa de commencer par cette attraction, car la vue sur la vallée cafetière est sympa:

ooooohhh, c'est beeeaaaauuuuuu 



Mais si vous vous demandez si y a de "vraies" attractions, je vous réponds oui. Alors certes y en a réservées aux bambiños, mais y en a aussi réservées aux plus grands. Comme El Ciclón, qui tourne de plus en plus vite tout en s'élevant à la verticale… C'est très marrant à regarder, moins à vivre comme pourrait en témoigner Aurore-Bouclette…

Au départ tout le monde est serein…

… mais à la fin, c'est autre chose! 
Bouclette, un commentaire?

Il y a aussi la classique Montaña Rusa - apparemment la plus longue du pays… - et la Cumbre - tour de 40 m où vous êtes hissés les pieds dans le vide très lentement, puis on vous lâche… Les garçons ont apprécié, au point de le faire 2 fois. Pour l'avoir déjà testé quelques années en arrière, je suis pas fan perso…  
Après l'épisode du Ciclón, quelques tours de piste nous ont prouvé que Bouclette allait mieux. Elle maîtrisait bien le kart ce qui lui a valu une victoire nette et sans bavure, contrairement à Laurent qui s'est traîné comme une mule. La faute au karting apparemment, qui n'avançait pas même pédale enfoncée à fond. Après le jetski du Lago Calima, c'est le kart du Parque del Café qui va pas, pas de chance!

les gringos dans les starting blocks

Le parc propose aussi quelques attractions aquatiques: c'est cool pour se rafraîchir. Enfin le Show del Café permet d'en apprendre un peu plus sur le café et les traditions tournant autour, par le biais d'un spectacle alliant musique/danse/acrobaties. C'est franchement sympa :)
Et on a surtout pu se rendre compte que les colombianos sont hyper fiers de leur histoire, leur pays. Quand toute une salle (150-200 pers, peut-être plus) reprend en choeur une chanson typique, ça fout la chair de poule! 
Et outre se cultiver et se prendre des shoots d'adrénaline, le simple fait de se balader au milieu des bambous, au coeur du parc est agréable. 


Après cette journée "retour en enfance", on revient dans le monde des adultes et on se rend à La Fogata, restau réputé - à juste titre - pour ses viandes. Certes Laurent a dû faire un effort poussé de mastication pour arriver à bout de son morceau, mais ça devait pas être sa journée… Ça l'a pas empêché pour autant  de se déhancher sur Shakira au Retropolis Bar, où on a poursuivi les festivités.


On y a croisé 3 colombiens, complétement subjugués par le show de notre Lolokira. Comprenant qu'on était des gringos français, ils ont demandé au barman de mettre un chanson bien de chez nous. Je m'attendais à ce qu'il nous sorte du vieux classique genre Piaf, Halliday, Goldman… Non, ils ont demandé à passer "Je veux" de Zaz. Ok… On n'avait pas l'air malins à moins connaître les paroles que des colombiens! 
Mais bon chacun ses goûts musicaux, et perso je suis pas variété française. Je suis plus "trrrrooooooooopicanaaaaaaaaaaaaaaa" - voilà, traumatisée à vie je vous dis ^^